Lancement de campagne: Le Conseil de banque de la BNS doit remplir son rôle d’organe de surveillance

La Banque nationale suisse (BNS) a investi 5,9 milliards de dollars US dans des entreprises qui produisent des énergies fossiles. La BNS enfreint ainsi ses propres directives en matière d’investissement. Le Conseil de banque de la BNS ne remplit pas son rôle d’organe de surveillance. L’Alliance Climatique Suisse demande au Conseil de banque et à sa présidente Barbara Janom Steiner de faire leur devoir et de veiller à ce que la BNS se retire du pétrole, du gaz naturel et du charbon.

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L’événement a été suivi par de nombreuses personnes via un livestream et a illustré les conséquences de la crise climatique provoquée par la BNS avec des témoignages vidéo de personnes du Sud touchées par le changement climatique.

Fin 2019, la BNS détenait 5,9 milliards de dollars US en actions d’entreprises qui produisent des énergies fossiles. La BNS est donc conjointement responsable de 43 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an. À titre de comparaison, les émissions de la Suisse en 2018 n’étaient que légèrement supérieures, avec 47 millions de tonnes de CO2. Avec sa stratégie d’investissement, la BNS contribue à un réchauffement climatique catastrophique de 4 à 6°C d’ici à 2100. Cela rendrait de grandes parties du monde largement inhabitables d’ici la fin de ce siècle.

Les droits humains fondamentaux sont massivement menacés dans le monde entier par le changement climatique. Des millions de personnes touchées par la crise climatique perdent leurs terres, leurs cultures et leurs maisons. Leur santé et leur accès à l’eau sont menacés par les vagues de chaleur et autres phénomènes météorologiques extrêmes. En outre, ce sont surtout les couches les plus pauvres de la population, en particulier dans le Sud, qui ressentent le plus fortement les conséquences négatives de la crise climatique.

Selon ses propres directives, la BNS devrait s’abstenir d’investir dans des projets qui ‘violent massivement les droits humains fondamentaux ou causent systématiquement de graves dommages à l’environnement. Le réchauffement climatique est principalement dû aux entreprises qui produisent, marchandent et vendent du pétrole, du gaz et du charbon.

Selon Prof. Dr. Marc Chesney, professeur de finance à l’Université de Zurich, la BNS n’est pas tributaire d’une modification de la loi pour prendre en compte les risques climatiques dans le cadre de son mandat. Une telle contribution de la BNS aux objectifs climatiques serait un grand signal pour le monde entier. Le Conseil de banque est l’organe de surveillance de la BNS. Il doit superviser le conseil d’administration en ce qui concerne le respect de la loi, des règlements et des directives.

L’Alliance Climatique Suisse demande au Conseil de la Banque et à sa présidente Barbara Janom Steiner d’exercer leur devoir de surveillance et de traiter les investissements dans les entreprises d’énergie fossile comme une violation des directives d’investissement sur les droits humains et les dommages environnementaux.